Rencontres de la métropole intelligente - Le cahier d'idées

Une ambitionla "bonne" intelligence

Placer l'humain et l'innovation au
coeur de la métropole intelligente

D’ici 2050, les villes concentreront 70 % de la population mondiale, contre 50 % aujourd’hui. Dans le Grand Lyon, cela représente 150 000 habitants en plus. Cette pression démographique croissante impacte les déplacements, le logement, l’environnement, l’économie et incite les collectivités à repenser leurs modèles pour s’adapter.
L’ambition est de développer une ville innovante, en matière de services, de déplacements, de gestion des ressources, mais avant tout humaine, concentrée sur l’amélioration de la qualité de vie de ses citoyens.

Les pistes de réflexions avancées dans ce cahier d’idées sont le fruit de la première édition des Rencontres de la Métropole Intelligente du 3 juillet 2014, à laquelle les 250 partenaires de la démarche Grand Lyon Métropole Intelligente ont participé. Cette journée d’échanges, basée sur le retour des premières expérimentations menées sur le territoire, a été l’occasion de présenter les nouveaux axes de travail. L’objectif : créer une communauté fédérée autour de la problématique : comment mieux vivre ensemble dans la ville de demain ?

La métropole intelligente :
un axe majeur dans le Grand Lyon

En 2014, Grand Lyon Métropole Intelligente c'est…


40

expérimentations d'envergure
inscrites dans une démarche
globale et cohérente

100

partenaires
multiples
privés et publics

4

thématiques :

- nouvelles mobilités
- services numériques
- énergie smart-grids
- conditions de l'innovation

Lancé en février 2013, Grand Lyon Métropole Intelligente est un programme ambitieux et novateur ayant pour objectif d’inventer de nouveaux services pour faciliter la vie en ville. Prenant appui sur les forces de son territoire et sur sa capacité à innover, à fédérer les acteurs pour créer un écosystème et organiser la gouvernance de projets multi partenariaux, le Grand Lyon prépare la transformation de la ville à l’aune de son époque. La mobilité, l’énergie et les Smart Grids et les services numériques, ont été les premiers secteurs investis par la collectivité pour expérimenter les nouveaux services qui deviendront le quotidien de nombreux citoyens dans les années à venir. Quarante expérimentations sont en cours ou en projet sur le territoire du Grand Lyon, ce qui en fait la 1re smart city française (source: m2ocity - novembre 2013). Cette densité marque l'intention pour la collectivité de construire une démarche globale et large, avec une articulation et une cohérence entre les projets. C'est ce qui contribue à rendre cette ville intelligente concrète le plus rapidement possible.

Avec la ville comme terrain d’expérimentation, Grand Lyon Métropole intelligente encourage les projets dans lesquels la technologie et l’innovation contribuent, de façon vertueuse, au développement durable, économique et à l’amélioration du bien-être des citoyens. Aujourd’hui la démarche se poursuit en toute logique sur de nouveaux secteurs offrant de nouvelles perspectives, de nouvelles formes de croissance et de dynamique : la santé, la gestion de la pollution, et l’expérience même de la ville.

"Notre ambition et l'objet de toute notre attention, ici à Lyon, est la concrétisation d'une métropole intelligente à partir d'une approche suffisamment large et puissante pour la rendre tangible à l'échelle de la population, engager pleinement le citoyen usager et les acteurs de la ville dans sa construction. Notre audace : tracer notre voie, basée sur notre ADN, notre histoire, notre territoire. Notre stratégie : ne pas répondre simplement à l'injonction des nouvelles technologies comme une fin en soi, mais plutôt à l'innovation dans ses différentes formes, innovations technologiques mais aussi innovations dans les usages, innovations sociétales, organisationnelles, et s'assurer de solliciter la pluralité des intelligences. Notre défi aujourd'hui est d'élargir encore les champs d'intervention, de tirer profit de tout ce que nous avons appris pour écrire la suite, avec vous."

Karine Dognin-Sauze, Vice-présidente du Grand Lyon en charge de l’Innovation, de la Métropole Intelligente et du développement numérique. Conférence plénière - 3 juillet 2014



données
et citoyens2 PILIERS FONDAMENTAUX

Devenir co-constructeur
de la ville de demain

Comme le Web l’a été à la fin du 20e siècle, la donnée sera l’un des leviers de croissance du 21e siècle. La ville est productrice d’un grand nombre de données issues des transports, de l’habitat, de la consommation, des modes de vie… La collecte en temps réel, le traitement et l’analyse des données sont cruciaux pour la Métropole et ses partenaires ; la donnée est désormais une composante essentielle de l’innovation et du pilotage de la ville ; elle est aussi pour la collectivité, un enjeu de régulation et de participation citoyenne.

Pour le Grand Lyon, construire la ville intelligente c’est accorder une importance plus forte à l’humain, la technologie étant un moyen au service des citoyens. La technologie et la donnée contribuent ainsi à créer de nouvelles connexions, de nouvelles communautés pour permettre à chacun de devenir co-constructeur de cette ville de demain.

Mais comment impliquer les citoyens ? Comment les rendre acteurs de la cité ? Comment gérer les différents niveaux d’utilisation des technologies numériques entre les générations ? Telles sont les réflexions qui ont animé les débats.

Challengerles idées

Au cours des ateliers animés le 3 juillet 2014 à Lyon, un panel de 80 spécialistes, aux profils et compétences variés, a été mis au défi d’apporter des réponses innovantes aux enjeux de la ville de demain. L’idée de rassembler des intervenants d’horizons différents a permis de créer une véritable émulation autour des sujets traités.

Sous forme d’ateliers de design de service, ils ont entrepris une réflexion concernant les acteurs, la production et la récupération des données selon quatre problématiques :

  • l'incitation des usagers à devenir acteurs de leur consommation énergétique,
  • l'expérimentation de la ville pour mieux se repérer,
  • la prévention et la limitation des épidémies,
  • le service sanitaire lors des pics de pollution de l’air et de pollens.

Le but étant d’imaginer des solutions que pourrait apporter la ville intelligente à ses usagers.

Loin d’être exhaustives, les réponses issues des ateliers constituent des premières pistes de réflexions qui seront enrichies dans les mois à venir lors de nouvelles Rencontres. Ces thématiques nouvelles dans la démarche Grand Lyon Métropole Intelligente font intervenir de nouveaux acteurs, de nouvelles problématiques essentielles pour les urbains.

L’objectif de ce cahier d’idées est de livrer ces réflexions afin de continuer la conversation entamée lors de cette première édition des Rencontres de la Métropole Intelligente du 3 juillet 2014.

ÉnergieComment inciter les usagers à devenir
acteurs de leur consommation énergétique ?

Les enjeux
de la consommation
énergétique

Pour la majorité des Français, la question de l’énergie n’est pas un sujet préoccupant dans leur vie quotidienne. Contrairement à d’autres pays, nous possédons les ressources en abondance, quasiment sans aucune rupture de service et à des prix qui ne sont pas particulièrement prohibitifs. Il n’y a pas vraiment de contraintes, à l’heure actuelle, qui fassent que la rationalisation soit une priorité de l’ensemble des citoyens. Pourtant, la réduction des consommations énergétiques des particuliers est primordiale pour l’environnement et la préservation des ressources pour les générations à venir. Aujourd’hui, la technologie nous offre les moyens de connaître très précisément et d’agir sur nos consommations énergétiques. Mais cela induit une démarche spécifique et volontaire de la part de l’utilisateur, une prise de conscience de la raréfaction des ressources et une adaptation aux outils technologiques et numériques.

Les sujets de réflexion

  • Qu’est ce qui pourrait amorcer une démarche collective pour réduire la facture énergétique ?
  • Comment faire évoluer les comportements et faire adopter de nouveaux outils, parfois légèrement contraignants aux utilisateurs ?
  • Comment effacer cette contrainte, voire susciter un sentiment positif (mécanismes du jeu, de la récompense, dynamique de groupe, valorisation…) ?

Lesparticipants

Lucie Cordier

Chargée de projet
marketing

Grand Lyon

Thibaut Oustry

Responsable du pôle
Sobriété Energétique

Agence Locale de l'énergie Lyonnaise

Florence Saint Sulpice

Chef de projet
Watt&Moi

ERDF

Alain Desbouis

Responsable service Concessions et Relations avec les concessionnaires
SIGERLy

Christophe Reinert

Chef de projet
"Smart Electric Lyon"

EDF

Philippe Trotot

Adjoint Chef de Pôle Exploitation, impliqué notamment dans le projet de compteur communiquant GAZPAR
GRDF

Caroline Richemont

Direction Prospective et Dialogue Public
Grand Lyon

Pascal Meyer

Directeur commercial
Rtone

Alain Kergoat

Directeur Général Smart Community Division
Toshiba

Eymeric Lefort

Directeur mission énergie
Grand Lyon

Pierre-Alain Gagne

Gérant
Dowino

Jérémie Jean

Fondateur
E-green

Régis Largillier

Smart City Business Development
Schneider Electric Grenoble

Ghislaine Le Palabe

Directeur de projet sur le périmètre du Grand Lyon
M2ocity

Jean-François Debost

Directeur Général Adjoint Groupe
ABMI Group

Yvan Debay

Fondateur
Origo

Jeux d'acteurs

Les défis à relever

Collecte
des données

Les opérateurs du secteur de l’énergie sont d’ores et déjà propriétaires d’un grand nombre de données relatives à la consommation d’énergie. Dans ce domaine, les analyses de consommation sont mises en regard d’événements extérieurs (climat, saisonnalité, quantité et qualité des équipements et des bâtiments…) permettant d’établir des prédictions de consommation assez fines. Les outils de suivis existent et sont déclinés pour un usage individuel dans les logements, encore faut-il que les citoyens et les entreprises se sentent suffisamment concernés et trouvent un intérêt suffisant pour participer à l’effort de réduction des consommations énergétiques.

Données et comportements
individuels

Le changement de comportement vis-à-vis de la question de l’énergie est lent et complexe. Dans le domaine de l’énergie, par rapport à d’autres secteurs, les données existent en masse, sont traitées de façon détaillée et peuvent d’ores et déjà apporter des réponses à des défis majeurs. Il s’agit ici « d'inverser » le processus et de rendre l’utilisateur acteur. Pour cela, le modèle économique doit-il et peut-il être modifié pour inciter les citoyens à gérer leur consommation d’énergie ? La question tarifaire peut-elle être envisagée comme seul levier d’action ?

Des éléments
à prendre en compte

  • Croissance de la consommation, augmentation des besoins : urbanisation croissante.
  • Production d’énergie renouvelable, en quantité suffisante, distance de distribution, stockage de l’énergie.
  • Réglementation, législation autour des tarifs de l’énergie, gouvernance des entreprises entre production, distribution, gestion de la consommation.

Les idées folles

  • À quoi tu joules ?

    Pour donner envie aux gens de modifier leur comportement énergétique, on a pensé aux leviers ludiques et sociaux.

    « A quoi tu joules ? » est un jeu visant à inciter les habitants à réduire leur consommation énergétique en les mettant en compétition avec leurs voisins. Grâce à son smart-phone, un particulier peut comparer son score à ceux des habitants de son immeuble ou de son quartier. Chaque réduction énergétique est récompensée en « energy coins » à échanger contre des lots comme des abonnements de transport en commun ou une prise de participation dans des projets photovoltaïques. Des ambassadeurs du projet « À quoi tu joules » peuvent également aider les participants à réduire davantage leur consommation énergétique lors de réunions « tupperwatt ».

  • Indicateur de production d'énergie

    C’est un concept qui pourrait rentrer demain dans le quotidien des gens au même titre que la météo aujourd’hui.

    À la suite de la météo, une prévision par région des coûts énergétiques en fonction du climat est diffusée à la télévision afin d’inciter la population à adopter un meilleur comportement durant les périodes de forte consommation. Ainsi, on cherche à éviter le délestage (le délestage électrique consiste à supprimer l'alimentation d'un groupe d'appareils ou de clients afin d'éviter la saturation de l'alimentation électrique) en impliquant les consommateurs dans leurs dépenses énergétiques. Cela améliore également les relations entre le consommateur et le producteur en instaurant une collaboration « gagnant-gagnant ».

  • All Box Coach

    Un coach en ligne sur la consommation énergétique de demain.

    « All Box Coach » est une offre qui vise à impliquer le consommateur dans ses dépenses énergétiques à travers des explications et des conseils personnalisés. Le client a accès à sa consommation en kWh et en euros sur Internet, mais afin d’améliorer la compréhension de sa facture énergétique, une box analyse les usages et les pratiques du foyer en termes d’énergie. De plus, un coach gratuit est disponible pendant 1 h pour donner des conseils personnalisés au client afin d’optimiser sa consommation énergétique.

  • Intermédiateur de l'énergie

    On a besoin de changer la norme sociale autour de l’énergie.

    Pour faire passer une information de premier niveau autour de l’énergie, le contact physique est primordial. C’est pourquoi les services à la personne sont un bon relais d’information. Lors de visites, les salariés travaillant dans les services à la personne conseillent les habitants quant à leur consommation d’énergie, conformément à un label public créé.

Ce qu'il faut retenir

  • Remettre le conseil personnalisé au cœur
    de l’évolution énergétique : la bonne information,
    au bon moment et à la bonne personne
  • Créer un lien social autour de la question des dépenses énergétiques
  • Impliquer le consommateur et le responsabiliser
  • Rendre accessible autrement (investir le domaine et les codes des jeux en ligne)
  • Optimiser et adapter sa consommation énergétique
  • Instaurer ces habitudes dans le quotidien de la population
  • Transformer l’approche culpabilisante au profit de leviers alternatifs

Expérience
de la villeQuelle expérience de la ville intelligente
pour les personnes en recherche d'autonomie ?
Comment comprendre la ville, s'y repérer ?

Les enjeux
de l'expérience
de la ville

La ville intelligente vise le bien-être de tous. Les actifs, en particulier les jeunes, les familiers des technologies adopteront probablement très aisément de nouveaux services qui correspondent à leurs pratiques individuelles. Le vrai défi est aussi de répondre à des besoins majeurs comme l'autonomie et le bien-vivre en ville auprès d'utilisateurs ayant une expérience moins naturelle des technologies (personnes âgées par exemple) ou d'utilisateurs ayant besoin d'une ergonomie particulière des outils (handicapés moteurs ou sensoriels). La question de leurs déplacements en ville, au-delà de celle déjà beaucoup investiguée de l'accessibilité et donc des infrastructures, peut trouver des réponses sous la forme de services numériques. Se repérer, comprendre la signalétique, se rendre d'un point à un autre sans stress, n’est pas toujours facile au cœur des villes encombrées et denses.

Les sujets de réflexion

  • En quoi la ville intelligente peut-elle favoriser l'inclusion de tous ?
  • Comment les personnes moins agiles avec les technologies ou pour qui elles semblent financièrement ou culturellement inaccessibles peuvent elles être intégrées avec toute leur richesse humaine ?

Lesparticipants

Thibaut Banière

Chef de projet innovation
Grand Lyon

Jérôme Schonfeld

Associé
FiveFive

Marie-Christine Veyriac

Chef de service, Service Modernisation de l'aide à domicile
Département du Rhône

Émile Hooge

Consultant, directeur associé
Nova7

Marie-Anne Serve

Chef de projet métropole intelligente
Grand Lyon

Frédérique Biennier

Professeur en informatique et automatique
INSA de Lyon

Vincent Autin

CEO
BIIN

Marcia Danaia Antunes

Conseil en développement territorial
CCI de Lyon

Yves Armel Martin

Directeur
Erasme

Arnault Thouret

Directeur
TMM Software

Laurent Geray

Planning & Innovation
Volvo Group

Anne-Claire Marmilloud

Chargée de mission
TASDA (Technopôle Alpes, Santé à Domicile et Autonomie)

Géraldine Gaillard

Chef de marché santé grands comptes
Orange division senior et hôpital

Pascal Chopin

Directeur régional Rhône-Alpes
JCDecaux

Jeux d'acteurs

Les défis à relever

Rompre
l'isolement

Pour les personnes en recherche d’autonomie, les personnes ne connaissant pas la ville et/ou ne maîtrisant pas la langue, parfois le simple fait de poser une question est compliqué. C’est cet isolement qu’il faut rompre tout en veillant bien au respect de la vie privée. Comment apporter une aide spontanée, créer du lien social, avoir une notion du temps, de l’espace des distances qui permette de se repérer de manière plus aisée dans une ville où le schéma mental de représentation reste flou.

Les idées folles

  • Réseau social
    des super héros

    Inventer le réseau social avec une vraie vocation sociale.

    Le réseau social des super-héros est une application permettant de mettre en relation des personnes ayant un handicap moteur ou mental, malvoyantes ou âgées, avec des personnes désireuses de les aider et se trouvant à proximité. Par exemple, si une personne malvoyante a besoin de quelqu’un pour la guider dans un quartier en travaux, elle peut demander de l’aide sur le réseau social, ce qui émettra une notification aux personnes aidantes inscrites sur cette application et se trouvant à proximité. De plus, un système de défi collectif est mis en place, comme par exemple trouver le trajet le plus court pour une personne en situation de handicap d'un point à un autre de la ville.

  • Suivez-moi

    On veut renforcer les liens qui s’établissent lors de moments d’entraide.

    « Suivez-moi » est une signalétique collaborative qui peut se faire de manière physique comme numérique. Des guides bénévoles se trouvent dans les différents lieux importants de la ville et indiquent par des panneaux ou bien via une application leur destination en symboles afin d’être compréhensibles par le public le plus large possible (touristes ne parlant pas la langue française, illettrés, etc.). Cette signalétique humaine est un service d’aide à l’orientation qui favorise le lien social, l’échange et l’entraide. À cela est associée une signalétique dans la ville en symboles, toujours par souci de compréhension universelle, ainsi qu’une géolocalisation des guides via leurs smart-phones. Il s’agit donc d’une alternative sociale au GPS via un service « one-to-one ».

  • Le connect de Lyon
    apéro collaboratif

    Quoi de mieux pour créer du lien social tout en faisant la promotion de la ville et de sa gastronomie que d'organiser un apéro ?

    Le « Connect de Lyon » est un service visant à créer du lien social entre les Lyonnais et les voyageurs tout en faisant la promotion de la ville et de sa gastronomie. Des apéritifs sont organisés dans des lieux stratégiques comme la gare Part-Dieu pour faire se rencontrer habitants et voyageurs et ainsi échanger sur les actualités, les lieux incontournables, les activités à faire, etc. De plus, un QR code renvoie les visiteurs vers une application où sont regroupés tous les bons plans de Lyon et où ils peuvent eux-mêmes en ajouter.

Ce qu'il faut retenir

  • Créer du lien social et un climat d’entraide
  • Démocratiser et moderniser la demande d’aide
  • Être accessible et ouvert à toutes
    les populations
  • Donner de Lyon une image de territoire ouvert
  • Créer des outils participatifs
  • Créer un service d’orientation à la fois numérique et social

SantéComment prévenir et limiter les épidémies
sur la base des données de santé publique ?

Les enjeux
de la santé

L'open data dans le domaine de la santé est un sujet encore très réglementé et intimement lié à des questions d’éthique. Les données de santé publiques existent en quantité et proviennent de sources diverses. Leur analyse est réservée aux établissements publics (Agence Régionale de Santé, Institut de veille sanitaire…) qui fournissent une information « officielle » au public. Aujourd’hui, la question de l’ouverture des données de santé publiques se pose pour favoriser l’innovation des acteurs et améliorer le système. Entre producteurs et utilisateurs de données, les convergences nous invitent à inventer de nouveaux services. Quelles données croiser ? Comment investir le terrain de la santé en utilisant les données sans entrer dans le diagnostic médical qui reste réservé aux médecins, tout en respectant la vie privée et les informations confidentielles de chacun ?

Les sujets de réflexion
Le signalement des épisodes d’épidémies est assuré par l’Institut de Veille Sanitaire et les Agences Régionales de Santé. Outre les données de santé publiques, d’autres sources pourraient être utilisées librement et croisées afin de faire émerger de nouveaux services à la personne : le niveau de vente de certains médicaments, l’occurrence des recherches sur le web, les mentions sur les réseaux sociaux, la météo, voire même le niveau de vente de mouchoirs de poche.

  • Dans quelle mesure la compilation et le croisement des données peuvent prévenir et limiter les épidémies de grippe, gastro-entérite ou autre ?
  • Comment, par le biais de la donnée, relever les grands défis du secteur de la santé tels que le désengorgement des cabinets médicaux, la réduction des coûts liés au traitement de ces maladies, la diminution des arrêts professionnels, la diminution des risques pour les personnes fragiles, la limitation de l’exposition de la population, la réduction ou le ralentissement de la propagation de l’épidémie ?

Lesparticipants

Claire Chevalier

Chargée de mission Biotech
Grand Lyon

Clément Guillot

Président fondateur
Wezoo

Pr Eric Marcon

Génie informatique, automatique et traitement du signal
Université de Saint-Étienne

Myrian Buffer

Chef de mission santé
Ville de Lyon

Marie-Anne Gobert

Conseillère technique Développement Durable
Grand Lyon

Guillaume Bouleux

Maître de conférences spécialiste du traitement du signal et traitement de l’information
Université de Saint-Étienne

Florence Fuchs

Coordinatrice locale
OMS

Dr Thierry Rusterholtz

Responsable du pôle "Études, statistiques, observations et enquêtes"
Agence Régionale de Santé

Céline Varenne-Souchon

Responsable Marketing
Grand Lyon

Alain Gelas

Directeur adjoint SI
Keolis

Sébastien Brison

Fondateur
Togezzer

Noémie Chotycki

Chargée de projet Marketing
Grand Lyon

Jeux d'acteurs

Les défis à relever

Collecte de données

Il existe un problème entre un captage de masse et l’éthique liée à l’individualisation de la maladie. Comment capter l’information ? Les idées proposées par le groupe seraient de récupérer des données de masse via des capteurs dans les lieux publics, des caméras thermiques (pour suivre l’évolution des températures corporelles) afin de récupérer de la donnée en volume. Il faudrait pouvoir déterminer les éléments annonciateurs d’une épidémie à l’échelle d’une ville.

Analyse de données

Dans le domaine de la santé, la création de statistiques nécessite un croisement de multiples données, une analyse particulière et professionnelle, des scénarii différents testés en réponse aux analyses. Cela représente 2 à 3 années d’études pour obtenir une validité scientifique. Il faut au préalable que le corps médical s’accorde sur les messages et signaux d’une épidémie afin de pouvoir déterminer le seuil de lisibilité d’une donnée. Le groupe insiste sur la nécessité de conserver une relation humaine dans le diagnostic médical en créant un intermédiaire entre la donnée et le médecin.

Diffusion

Les supports de diffusion doivent maintenir une égalité d’accès à l’information. Comment éviter les effets pervers d’un système d’information/prévention : absentéisme, maladies imaginaires.

Les idées folles

  • EpiDayMe

    Utiliser les objets connectés pour la santé publique.

    Il s’agit d’une application accessible sur une montre. Celle-ci est connectée et centralise les données annonciatrices d’une épidémie (météo, température corporelle, google search, statuts facebook) et donne l’alerte et les bonnes pratiques à adopter. Si l’utilisateur tombe malade, il se signale à son tour en listant ses symptômes et le diagnostic médical qu’il a reçu : il devient acteur citoyen au cœur d’une communauté santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Capter / alerter / prévenir : pour améliorer l'environnement santé de la population
  • Ne pas déshumaniser le secteur de la santé
  • Rendre le citoyen acteur de la démarche
  • Créer une communauté santé
  • Rendre la ville et la population plus résistantes
    et mieux adaptées aux épidémies
  • Protéger les citoyens

Qualité de l'airComment exploiter les données urbaines pour améliorer
le service sanitaire lors de pics de pollution et de pics polliniques ?

Les enjeux
de la qualité de l'air

Fréquents dans les métropoles, les pics de pollution et les pics polliniques aggravent les pathologies respiratoires de nombreuses personnes souffrant d’asthme, de bronchite chronique, d’allergies… Des activités courantes de la vie quotidienne telles que se déplacer à l’extérieur, faire du sport ou simplement aérer son intérieur sont alors contraintes par ces pics sur lesquels les usagers n’ont pas beaucoup de visibilité. Entre les pollutions issues de la végétation et les gaz d’échappements, de nombreux paramètres entrent en compte, dont de nombreuses variables météorologiques (chaleur, vent et pluie). Beaucoup de données existent individuellement ; reste à les croiser pour les rendre parlantes avec un outil bien conçu : information en temps réel, à différentes échelles géographiques, prédiction, conseils pratiques et messages de prévention…

Les sujets de réflexion

  • Visibilité de l’information sur les pics de pollution et de pollens : comment anticiper et permettre une modification des comportements au plus vite ?
  • Changement de temporalité : comment sensibiliser les citoyens à la qualité de l’air au quotidien et pas uniquement lors des épisodes d’alerte ?
  • Valorisation de l’impact des changements de comportements sur la qualité de l’air : les « victimes » se confondent souvent avec les « bourreaux » : comment trouver le bon niveau de communication et être ludique sans culpabiliser pour autant ?

Lesparticipants

Isabelle Clostre

Coordinatrice Communication
Air Rhône-Alpes

Samuel Monnier

Réseau National de Surveillance Aérobiologique

Christine Solnon

Professeur en science de l'informatique
Liris

François Grosse

Co-fondateur
ForCity

Gérald Comtet

General Manager
Cluster I-Care

Bertrand Pellet

Secrétaire Général
SISRA (Système d'information santé Rhône-Alpes)

Sarah Ladon

Chef de projet nouveaux usages et numérique
Grand Lyon

Bernard Gaudon

Patient

Dr Marcel Garrigou-Grandchamp

Médecin généraliste

Léthicia Rancurel

Directrice
Lyon Urban Data

Jessy Grenat

Chargé de mission Sciences de la vie
Grand Lyon

Grégoire Gérard

Directeur
Neovenz

Clément Schambel

Fondateur
Daily Diag

Lucie Lambolez

Direction du Développement et de la Valorisation
Veolia Environnement

Jeux d'acteurs

Les défis à relever

Finesse et combinaison des données

  • Le cadastre des émissions quotidiennes de pollution est réalisé sur des mailles d’1 km, insuffisantes pour déterminer précisément les zones dangereuses
  • La modélisation de l’information en temps réel est difficile (on ne peut se contenter des données en station relevées toutes les 15 mn pour évaluer la qualité de l’air)
  • Il pourrait être intéressant d’agréger et de combiner des données telles que la consommation de médicaments (antihistaminiques, etc.), et d’interconnecter des services (transports, parcs relais,…)

Diffusion des données

Démultiplier l’affichage lors des pics de pollution, en exploitant le mobilier urbain, les bus, les panneaux d’affichage, les voitures connectées, des espaces plus inattendus comme les toits d’immeubles.

Personnalisation et contextualisation

  • Capacité à fournir des conseils, des recommandations et des alternatives adaptées à chaque personne : sa situation personnelle (en bonne santé, à risque), sa géolocalisation (une qualité de l’air médiocre n’est pas la même sur un axe routier très fréquenté ou dans un espace vert), son activité (physique ou non)… Délivrer la bonne information, au bon moment et à la bonne personne.
  • Capacité à intégrer le rapport bénéfice risque ; par exemple, en phase de pollution, comment se protéger ? Vaut-il mieux prendre son vélo pour moins polluer ou sa voiture pour être moins exposé, ou alors rester chez soi car le risque est trop élevé ?

Sensibilisation et responsabilisation

Informer et faire de la pédagogie pour expliquer les phénomènes de pollution de l’air et des pollens, inciter aux changements de comportement et permettre l’anticipation, par exemple :

  • Le chauffage au bois non performant est polluant et les masses d’air se déplacent ; une métropole peut donc y être exposée (même si ce type de chauffage est moins usité dans les grandes villes) ;
  • 65 % des émissions d’oxyde d’azote sont liées au transport automobile, on peut donc éviter les pics de pollution si on agit en correspondance.

Incitation à agir

Pour contrer ou limiter les pics de pollution, les efforts demandés aux citoyens peuvent être contraignants (par exemple : limitation de l’usage de la voiture). Il faut donc prévoir une boucle de rétroaction intégrant des ressorts qui incitent à l’action : pouvoir mesurer en temps réel les effets de son effort et de l’effort collectif « citoyen » : grâce à tel geste, j’ai contribué à… ; si 1 conducteur sur 2 fait ça, voilà ce que provoque…

Les idées folles

  • AIR COACH
    Rien ne sert de courir,
    il suffit de respirer

    Aujourd'hui, on peut informer les gens en les avertissant des pics de pollution, mais pour nous, le but est de changer leurs comportements. In fine, ce petit objet très simple va le permettre.

    Un bracelet connecté renseigne son porteur en temps réel sur la qualité de l’air (liée aux pollens comme à la pollution). L’activité de l’utilisateur - prioritairement les personnes à risque (âgées, allergiques, fragiles, sportifs…) est trackée et synchronisée aux données en ligne de qualité de l’air. L’utilisateur peut adapter son comportement en suivant les conseils personnalisés et contextualisés proposés par le bracelet.
    Ce service permet de sensibiliser le public sur la pollution atmosphérique et encourage à de nouveaux comportements plus responsables.

Ce qu'il faut retenir

  • Encourager des comportements responsables au delà des recommandations sanitaires : être ludique sans culpabiliser
  • Concevoir un service ne s’adressant pas uniquement aux personnes souffrant de pathologies : tout le monde est exposé à la qualité de l’air, et certains comportements (sportifs par exemple) ont plus d’incidence sur le risque encouru ou les précautions à prendre
  • Adresser également ces données aux pouvoirs publics en charge de l’aménagement du territoire : outils d’aide à la décision pour éviter de créer des surexpositions sur des populations critiques
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